L’utilisation des réseaux sociaux a pas mal réduit notre vision de l’information.

Il y a quelques années, la presse écrivait des articles bien documentés, un peu longs et relativement complets, aujourd’hui, avec la fouillitude de blogs et de pure players, et le relais de l’info sur les réseaux sociaux, celui qui veut être lu doit faire de son titre un objet de désir pour les lecteurs et séduire en 140 caractères.

je t’explique, j’ai toujours fait le choix ici de faire des titres absurdes (et abscons) mais si j’avais voulu faire plus incitatif, j’aurais pu faire d’autres titres

par exemple ce billet aurait pu s’appeler :

  • Comment la punchline favorise l’engagement des internautes (approche marketing)
  • ou les méthodes de titrage des webmasters pour vous attirer sur leur site (approche pédagogique)
  • ou j’aurais pu faire dans le titre « putaclic » : « Ils vous obligent à visiter leur site web, découvrez par quels moyens ! (la fin de l’article va vous choquer)»

Ce que les professionnels de la profession :) appellent un titre putaclic, c’est un titre qui regroupe plusieurs caractéristiques qui déclenchent la curiosité et incitent à cliquer :

comment ?

  1. on attire l’œil avec le titre soit en déstabilisant : on vous a menti, vous ne saviez pas, vous êtes le dernier (ou le premier) a avoir cette info
  2. on attire l’œil avec une image, soit un truc sexy, soit un truc trash (regarde, j’ai fait les deux, tu as en illustration des éboueuses c'est a la foi du trash et du sexy :) )...
  3. on personnalise et on humanise en mettant en scène (au choix) : une mère de famille, un père de famille, une grand-mère, une star, un animal (bref quelque chose qui attire la sympathie)...
  4. on met en situation de danger faire la vaisselle, trouver sa compagne ou son compagnon a quatre pattes avec la voisine, prendre le métro, se promener sous la pluie, traverser la jungle a cloche pied...
  5. on fait une promesse : vous allez être surpris, ému, choqué, touché, rire aux éclats...

Bref on transforme un truc plus ou moins intéressant en événement humainement incroyable et donc inloupable.

On fait du racolage auprès des internautes en leur promettant une expérience qu’ils ne sont pas près d’oublier (d’où le nom de putaclic)

Pourquoi ?

  • et bien soit pour augmenter son trafic,
  • soit pour inciter (une fois de plus) le visiteur à cliquer ou à voir une pub qui financera le blog

Oui, mais Aprés...

Ce que je trouve rigolo (ou navrant) c’est que comme toutes les méthodes des blogueurs marketeux, au fil du temps il y a une perméabilité avec les médias traditionnels, qui récupèrent la méthode pour promouvoir leurs articles qui sont censés être d’actualité.

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Il y a quelques jours en pleines inondations, au moment où la moitié de la région parisienne avait les pieds (voir les hanches et le menton) dans l’eau, où des entreprises et des particuliers se stressaient pour savoir, comment et quand réparer, en s’interrogeant sur la prise en charge par les assureurs, le site d’un “grand” journal faisait un titre du style (de mémoire).

“Inondations la crue va-t-elle continuer découvrez les risques qui pèsent sur les Parisiens,”

Je trouve ça un peu glauque.

La seconde étape de la capillarité, des pratiques du web c’est la vie quotidienne

j’écoutais Miss zyeux jaune et ses ados de copines il y a quelques jours, elle utilise de plus en plus le terme “hashtag”

je te donne un exemple

il y a quelques années dans une conversation entre mon fils et ses copains j’aurais entendu un truc du style :

  • “Il n’arête pas de draguer Cindy, elle le vire a chaque fois, il est relou”

chez sa petite sœur es ses copines j’ai droit à :

  • Il n’arrête pas de draguer Cindy #virer #relou #boulet

tu comprends le principe ?

Donc j’en déduis que d’ici que mon petit neveu ait les poils qui poussent j’aurais droit à des phrases du style :

  • un blaireau drague une fille trop belle pour lui, sa réaction va te surprendre

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Mais Heureusement...

Heureusement certains pans de la société restent à l’abri de ce genre de dérives de communication, les courriers administratifs par exemple.

Quoique, j’ai reçu un appel de cotisation du RSI il y a quelques semaines et je me dis que le directeur de ma caisse aurait très bien pu formuler son courrier d’accompagnement de la manière suivante :

  • “Comme tout entrepreneur vous trouverez ci-joint votre appel de cotisation du second trimestre, lisez le bordereau jusqu’à la fin, vous n’allez pas pouvoir vous empêcher de pleurer !”

parce que c'est exactement comme çà que çà c'est passé ...

Jusqu’où va se cacher ce besoin d’émotion qui nous habite :)

Bien sûr comme d’hab, je dis çà je dis rien

A si un dernier truc, comme se suis vraiment une feignasse j'ai pillé les images quiillustre ce billet chez Novazeo et chez divertissonsnous (mais comme je suis pas au point encore comme putaclic, j'ai pas mis mon logo dessus et je les cites quand même)