... et jamais ce qu'on va trouver.

Il y a quelques années, intervenais assez régulièrement auprès de salariés et de bénévoles dans des associations. Comme toutes structure vivante une association (caritatives de surcroit) doit savoir se remettre en cause et avancer pour assurer sa mission. en effet, agir pour la solidarité, ce n'est pas que vouloir faire le bien, c'est surtout vouloir changer le monde pour le rendre meilleur.

Puis le temps passe et a force de lancer des bouées pour sauver ceux qui sont en danger on oublie (parfois) qu'on c'était mis en route pour aller ailleurs. c'est difficile d'aller ailleurs, d'accepter d'avancer. Alors dans ma boite a outil de formateur en communication, j'ai toujours des petits textes à partager pour relancer le débat ou inviter à réfléchir.

En rangeant mon bureau cette après midi, j'en ai retrouvé quelques uns. si vous en voulez, je vous propose de les partager.

Le premier des texte de cet improbable bibliothèque est attribué à Jacques Brel, il ne s'agit pas d'une chanson, mais l'extrait d'une interview, qui de nous mener de Vilvorde à Hong Kong. Mais ce n'est pas Facile...

La difficulté pour aller de Vilvorde à Hong Kong,
ce n'est pas d'aller à Hong Kong,
c'est de quitter Vilvorde.!!!

Jacques Brel 1971Ce qu'il y a de plus dur pour un homme qui habiterait Vilvorde, et qui veut aller vivre à Hong Kong, c'est pas d'aller à Hong Kong, c'est de quitter Vilvorde. C'est ça qui est difficile. Parce qu'après Hong Kong, tout s'arrange. Il suffit d'avoir une santé et une folie et puis... Hong Kong est à la portée de tout le monde. Mais quitter Vilvorde, ça c'est dur...

Je connais un million de types qui vont écrire un livre. T'es bien d'accord. Oh, j'en connais... moi j'en ai rencontré un million dans ma vie. Des types qui disent : "Alors tu sais , encore deux ans... je vends des bretelles encore deux ans, hein, tu vois,... mais alors, en 73, j'écris un livre".

Et puis un jour on les rencontre en 73, et ils diront : " Moi, je continue à vendre des cornichons, tu vois. Je vis avec mes cornichons. J'ai une femme, j'ai deux enfants, j'ai un chat, j'ai une petite amie, ma voiture est vieille, je vends des cornichons jusqu'en 75 et en 75 j'écris un livre". Le livre étant le symbole de ça. Moi, je crois que, bretelles ou cornichons... quand on a envie de faire un truc, il faut plonger comme un fou, il faut le faire, quitte à se tromper. Je préfère me tromper, je préfère plonger moi, et je plonge. Qu'est-ce que ce sera ? Mystère et boule de gomme, hein.



Et tu sais pourquoi les gens ne font pas de chansons et tu sais pourquoi les gens ne chantent pas et tu sais pourquoi les gens n'écrivent pas de livres ? Parce qu'ils font autre chose à la place. Ce n'est que ça. La difficulté pour aller de Vilvorde à Hong Kong, c'est pas d'aller de Bruxelles à Hong Kong, c'est d'aller de Vilvorde à Bruxelles. C'est ça la difficulté.

Jacques Brel (Interview 1971)